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Le président de l’association des droits des étudiants dit au revoir  à l’Ambassadeur des Etats-Unis Niels Marquardt

Discours du Président Rodrigue BATOGNA GNITCHOGNA, de l’Association pour la Défense des Droits des Etudiants du Cameroun (ADDEC) à l’occasion de la cérémonie de remerciements à SEM Niels MARQUARDT Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Cameroun.

29/05/2007, 9h 00 US Embassy Yaoundé.

Excellence Monsieur l’Ambassadeur,
Mesdames et Messieurs,
Chers camarades et amis,

 

 Le président de l’association des droits des étudiants dit au revoir  à l’Ambassadeur des Etats-Unis Niels Marquardt
 Left to right: ADDEC Secretary General
Alain Blaise Ngono, ADDEC President
Rodrigue Batogna Gnitchogna, Ambassador
Niels Marquardt, Self-Help Coordinator
Nathalie L. Lell, ADDEC Vice President
Denise Nadine Ndeh, ADDEC Finance
Secretary Ibrahima Mohaman. Full size.

Dans la longue histoire des relations diplomatiques entre le peuple du Cameroun et celui des Etats-Unis d’Amérique, un moment de cette nature,  revêt  sans nul doute un caractère inédit.

Vous avez, Excellence,

Accepté de rencontrer la  délégation de leaders d’étudiants des principales universités camerounaises, au nom desquels, j’ai l’honneur de m’exprimer en cette occasion;

Vous avez Excellence,

Accepté de nous honorer de votre audience et j’ose dire, de votre amitié, en nous ouvrant les portes de cette imposante bâtisse, qui semble désormais symboliser le lieu géométrique d’un nouvel élan de la diplomatie américaine dans notre pays ; un peu comme pour nous signifier que l’Amérique ne veut oublier personne, elle ne cherche non pas et non plus uniquement, l’amitié d’un gouvernement mais aussi et surtout celle d’un peuple tout entier ; elle recherche dans la jeunesse, c'est-à-dire dans la part d’avenir de ce peuple, les ressorts de ce nouvel élan,  la force d’espérance et de réalisation sans laquelle, aucune émergence, aucune conquête nouvelle n’est possible;

Vous avez été Excellence,

Tout au long de ce séjour qui s’achève au Cameroun,  non pas ce diplomate indifférent aux souffrances, insensible aux appels, non pas ce diplomate des grands salons, ami des princes, mais ce  plénipotentiaire attentif, curieux, interrogateur, avisé, proche des gens  et tout simplement ami du peuple Camerounais :

incarnant dans l’action,  jusqu’à une certaine légitime et nécessaire audace, une Amérique engagée pour des valeurs démocratiques libertés fondamentales, dialogue social, progrès social, et bonne gouvernance;

incarnant dans le style, le meilleur de ce tempérament anti-conformiste bien américain et qui sans doute est l’un des secrets de la faculté de ce peuple à innover, à s’adapter, à séduire et à réussir.

Cette Amérique que vous avez si généreusement incarné, nous a rassuré et encouragez à vous exprimer nos attentes lorsque le besoin s’est trouvé. Votre contribution a dès lors été essentielle pour la réalisation d’un séminaire de formation d’une cinquantaine de leaders d’étudiants du Cameroun au plaidoyer, au lobbying et à l’action non violente en février dernier subventionné à hauteur de 8 361 500 fcfa par le Gouvernement américain.

L’université camerounaise est une institution vielle de 45 ans, peuplée de près de 200 000 jeunes, mais qui hélas disons le pudiquement, est encore loin de permettre à cette jeunesse d’envisager sereinement l’avenir. Ce n’est pas que le choix de l’intelligence d’investir sur cette masse cruciale, mais également celui de la cohérence et de la conséquence pour qui se soucie de l’avenir.

En vous intéressant particulièrement à la question de l’université camerounaise, vous aurez eu tout au moins le mérite de rappeler que l’université constitue le mieux du potentiel de productivité intellectuelle d’une nation. Que l’université s’est toujours trouvée à l’avant garde du développement, au cœur des grandes mutations des sociétés. Que l’université est le lieu par excellence où l’on consacre la liberté associative, la liberté d’opinion, d’expression, la contradiction dès lors qu’elle n’existe que pour le triomphe des valeurs, et que ces dernières participent de la consolidation de l’idéal démocratique.
Nous avons trouvé dans votre action, une véritable impulsion au progrès des fragiles libertés universitaires, et le sentiment d’une assimilation réelle de cette pensée de Frederic DOUGLASS qui dit que : « La leçon que les américains doivent apprendre ou négliger à leur propre péril est : humanité égale signifie droits égaux ».   

Ainsi donc vous avez été un ami des temps de galère et comme le dit l’adage « ami de galère, ami de toujours ».

Devons-nous en douter excellence ? 

C’est donc au nom de tout cela que je voudrai achever le commencement de mon propos, en vous disant au nom de toute la délégation ici présente, mille hommages et mille mercis!

Au regard de la symbolique de ce moment et de l’opportunité qu’il présente pour nous, nous ne saurons en une telle circonstance manquer d’être les portes voix de toutes celles et tous ceux qui, comme nous,  auraient des raisons d’espérer de l’Amérique qu’elle fasse plus, qu’elle fasse mieux et qu’elle soit toujours digne de l’espérance et de l’aspiration naturelle des peuples en la justice, en la démocratie et en la prospérité. Etudiants et jeunes aujourd’hui, dans un pays qui cherche des fondations solides pour se projeter dans un ordre mondial en mutation rapide, nous voulons engager cet échange avec le premier américain au Cameroun, à partir du paradigme de l’engagement pour le futur.

Que peut–il signifier ce paradigme ? Nous définissons l’engagement pour le futur comme l’ambition claire et concrète d’asseoir les rapports d’échanges et de coopération dans une perspective qui, consciente  de l’interdépendance qui est celle du monde d’aujourd’hui et de demain, se fixerait comme priorité, l’émergence, dans toutes les régions du monde, de leaders capables d’assumer la direction de leur société dans l’optique des valeurs désormais universelles : la démocratie, les droits de l’homme, le droit au développement pour tous.

En effet qu’aurait pu être l’Amérique sans ses figures héroïques qui ont jalonné sa longue histoire vers la liberté et la prospérité ? Les Thomas JEFFERSON, Thomas PAINE, Abraham LINCOLN, Martin Luther KING, laissent de généreux fruits à l’histoire. Mais on n’oubliera pas que leur force d’âme et de conviction, leur intelligence et leur talent, ils l’ont puisé dans ses alluvions de culture et de valeurs patiemment amoncelés dans les prestigieuses institutions scolaires et universitaires, qui font la grandeur de l’Amérique. 

Nous ne pourrons donc qu’en vous exprimant notre sincère gratitude, nous inspirer de votre propre histoire, pour interpeller sur la nécessité de mettre la richesse humaine, la production de l’intelligence en avant ; parce qu’elle précède et conditionne d’ailleurs toutes les autres formes de la richesse. L’engagement pour le futur doit donc être un engagement pour l’émergence d’une richesse humaine locale. Pour l’émergence d’une génération de femmes et d’hommes qui seront capables d’être des piliers du progrès. Lequel ne se conçoit et ne s’envisage plus simplement à l’échelle des frontières des vieilles nations, mais aux confins toujours fluctuant des systèmes d’échanges et de coopération intégrés par la puissance de l’économie. 

A cet égard, nous souhaitons qu’une attention particulière soit portée sur les universités dont la stérilité pourrait engendrer la sclérose sociale et compromettre par conséquent les espoirs que nous pouvons fonder quant à l’efficacité des actions engagés pour le progrès social, économique et politique local.

Il n’appartient évidemment pas à un gouvernement étranger fût il de bonne volonté de se substituer au nôtre. Mais en clair, pour que les limites internes observées aujourd’hui, qui sont elles mêmes l’expression d’atavismes,  n’induisent pas une évolution en cercle vicieux, nous suggérons modestement que vos axes d’appuis et de coopération ciblent de façon prioritaire les objectifs suivants :

  • Diffusion de valeurs et de visions  en phase avec l’esprit démocratique auprès des jeunes qui se forment où se prépare à devenir des faiseurs de changement et de progrès.
  • Mise en place de programmes de mobilité bénéficiant à des  jeunes chercheurs et des jeunes leaders susceptibles d’acquérir aux Etats-Unis des connaissances et des formations qu’ils peuvent revenir valoriser sur place.
  • La revalorisation et la réorientation des politiques d’aide à la démocratisation, des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
  • La Mise en place des politiques et des programmes spécifiques pour la jeunesse universitaire, scolaire et socioprofessionnelle.

Excellence monsieur l’Ambassadeur;

En vous Témoignant notre grande reconnaissance, nous ne voulions surtout pas nous inscrire dans cette mauvaise coutume que partage bon nombre de responsables africains, comme quoi « la bouche qui dit merci est la bouche qui en redemande ». Bien au contraire, en vous faisant partager notre vision du rôle qui est le vôtre, nous y voyons à terme le meilleur moyen de combattre l’assistanat.

A la fin de ce propos, permettez nous Excellence de vous redire simplement tous les hommages de la communauté estudiantine camerounaise.
Je me réjouis à titre personnel de cet immense privilège que j’ai, de vous transmettre mes remerciements propres pour l’action individuelle de l’homme que vous avez su être, et celle de votre Gouvernement à l’égard des étudiants du Cameroun.

C’est non sans une sorte de nostalgie que L’ADDEC vous dit au revoir, en vous souhaitant à vous et à votre famille encore une meilleure fortune qu’au Cameroun.

Vive l’ADDEC!

Vive cette amitié entre les étudiants du Cameroun et le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique!

Vive les Etats-Unis d’Amérique!

Vive le Cameroun! 

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